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La
prévention des lombalgies chroniques (ACTH)
D'après
l'enquête INSERM effectuée en 1995 sur les rachialgies
en milieu professionnel, près de 70 % des français
en âge de travailler ont été victimes, au moins
une fois, d'un épisode lombalgique, occasionnant, pour un
tiers d'entre eux, une interruption provisoire d'activité.
Statistiquement, on peut imputer à la lombalgie la responsabilité
de 5,1 millions de journées de travail perdues en France
(données de 1996).
L'Agence
Européenne pour la santé et la sécurité
au travail confirme
l'ampleur de ce problème. Selon elle, 42 % des salariés
européens sont susceptibles de souffrir de lombalgies d'origine
professionnelle au cours de leur vie active. Si plus de 60 % d'entre
eux reprennent leur travail après moins de six mois de convalescence,
ces troubles sont à l'origine d'un absentéisme et
s'accompagnent souvent de rechutes (dans 20 à 44 % des cas).
Véritable
problème de santé publique, cette pathologie représente
non seulement un poids socio-économique considérable
pour les formes les plus graves, mais implique des conséquences
personnelles désastreuses pour les personnes atteintes de
ces troubles.
Les
conclusions de ces études étayent la nécessité
d'intervenir précocement sur le risque lombalgique.
En effet, on sait qu'après 6 mois d'interruption du travail,
un salarié n'a plus qu'une chance sur deux de retourner durablement
à son poste.
C'est pourquoi l'ARACT des Pays de la Loire, en
partenariat avec de nombreux acteurs de la prévention de
la région (CHU d'Angers, AGEFIPH, DRTEFP,
les services de médecine du travail, les CPAM, DDTEFP, Centres
de rééducation
), lançait le protocole
ACTH, une démarche expérimentale de maintien dans
l'emploi et de réinsertion professionnelle de salariés
lombalgiques de fait menacés d'exclusion de leur travail.
Ce
projet, compte tenu de l'objectif de prise en charge des facteurs
du risque lombalgique, se propose d'intervenir de façon coordonnée
sur les conditions de travail et sur l'état de santé
de l'individu.
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D'une
part, par un soin spécifique à l'aspect chronique
de la pathologie par le biais d'une prise en charge médicale,
en centre ou en rééducation active personnalisée,
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D'autre
part, par une action ergonomique de maîtrise du risque
lombalgique dans l'entreprise qui l'emploie. Cette démarche
vise aussi à montrer l'importance de la prise en compte
des facteurs professionnels.
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Les
étapes successives de prise en charge des bénéficiaires
concernent systématiquement un binôme, le salarié
lombalgique et l'entreprise qui l'emploie.
Des résultats satisfaisants
Après
trois années d'expérimentation, la démarche
arrive à son terme. Le comité d'évaluation
multidisciplinaire, mis en place en début d'année
2000, vient de donner les premiers résultats de son étude
:
83%
des bénéficiaires du programme n'ont connu
aucun arrêt de travail un an après la reprise de leur
activité.
Au
vue de ces résultats, le protocole de prise en charge globale
des lombalgiques chroniques (reconditionnement à l'effort
et intervention ergonomique) a suscité l'intérêt
de nombreux partenaires régionaux (URCAM, ERSM*, ARH,
)
qui souhaitent poursuivre l'expérimentation.
2001 a donc vu la création d'une association "lombaction"
et poursuit la démarche engagée. 132 nouvelles personnes
ont ainsi bénéficié de la démarche,
avec, à la différence de la première expérimentation,
une prise en charge en centre ou en rééducation active
personnalisée. Sur tirage au sort, 50 % d'entre eux ont bénéficié
d'une intervention ergonomique. Une évaluation est en cours
et sera diffusée en septembre 2004.
Lombaction
: Enseignements
et perspectives (décembre 2003)
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